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Propositions POUR AmÉliorer
la qualité de l’apprentissage aux métiers
de la maçonnerie
PRO POSITIONS
4 | Propositions pour améliorer la qualité de l’apprentissage aux métiers de la maçonnerie
Les professionnels ont insisté, lors de la table ronde, sur les incontournables évolutions réglementaire, technologique, technique et environnementale et leurs implications sur les marchés, l’acte de construire et les compétences.
La problématique Pour l’entrepreneur en maçonnerie, plusieurs questions se posent immédiatement :
• Comment garantir un niveau de performances du cadre bâti avec, par exemple, la maison qui vise BBC 50 kW/m2/an ? • Comment adapter l’entreprise dans ces dimensions organisationnelle, technique et humaine pour
accompagner ces évolutions ?
Le témoignage Philippe Bazzoli témoigne, fort de son expérience et de son quotidien dans son entreprise.
Gérée de père en fils depuis 1952, l’entreprise de maçonnerie construit des maisons individuel- les et fait de la restauration traditionnelle. Elle fonctionne avec 10 à 12 salariés et a formé plus de 20 apprentis.
Consciente des enjeux du futur, et donc du développement durable, l’entreprise Bazzoli a cherché em- piriquement dans un premier temps à :
• adopter les solutions les moins consommatrices d’énergie, • privilégier les solutions les moins polluantes,
• utiliser les matériaux en respectant les procédures d’utilisations et les normes actualisées en vi- gueur.
Aujourd’hui, l’entreprise vise à être en capacité d’appliquer les prochaines réglementations thermiques. Aussi, persuadé de la nécessité d’une mise à jour de ses compétences, le chef d’entreprise s’est inscrit, avec sa collaboratrice, dans un cycle de formation et obtenu la labellisation ECO ARTISAN CAPEB en 2010.
Un témoignag e d’entrepren
eur, Philippe Bazzoli
Développer une approche
globale de l’acte de construire
Développer une approche globale de l’acte de construire | 5
Les cinq points clés de l’évolution de l’acte de construire Au travers du récit de sa propre expérience de bâtisseur, Philippe Bazzoli propose son analyse et identifie ainsi cinq points clés pour l’évolution du métier de constructeur :
1. L’évolution de l’ensemble des corps de métier du bâtiment vers une maîtrise avérée – par les contrôles in situ - des systèmes constructifs existants et de nouveaux systèmes constructifs, garantissant le niveau de performances attendues ainsi que la mobilisation de tous les acteurs : maîtres d’ouvrage, architectes et bureaux d’étude, fédérations professionnelles, industriels et négociants, centres de formation, …
2. L’émergence d’une approche globale1 « bâtiment – systèmes – exploitation » dès la conception, à travers un modèle intégré relevant d’une démarche bioclimatique.
3. L’harmonisation des techniques sur le chantier pour respecter la démarche bioclimatique avec, com- me clé de voûte, la nécessaire connaissance par chaque corps de métier des points de vigilance des autres corps de métier.
4. L’évolution du niveau de compétence de la maîtrise d’ouvrage et le développement d’offres globales. Cela renforce les relations entre entreprises intervenantes et l’exigence de respect par les interve- nants de chantier des décisions de coordination technique.
5. La prise en compte de l’ensemble des critères environnementaux - et non pas seulement de l’aspect thermique - comme la santé environnementale liée à la qualité de l’air intérieur, avec une identifica- tion des nuisances liées aux polluants émis par des matériaux de construction, ainsi que des critères sociaux comme l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, etc.
L’impact sur la relation CFA-entreprise Dans une filière composée en majorité d’artisans, ces évolutions impactent de manière importante. Les entreprises relèvent ce défi alors même que le secteur a été durement touché par la crise.
La compétence n’est pas un état mais une dynamique … Dans ce contexte, l’enjeu est le renforcement de la concertation entreprise-CFA sur le plan des évo- lutions techniques. En effet, si les apprentissages visés au CFA ne doivent pas être globalement trop éloignés de la réalité d’aujourd’hui de l’entreprise, ils doivent toutefois permettre l’évolution des com- pétences et l’adaptation aux évolutions prévues comme celle de la Réglementation Thermique (RT 2012 et suivantes).
Ceci passe par l’acquisition des fondamentaux du métier, du geste à la réflexion sur les techniques de chantier, mais aussi par le développement de l’analyse technologique du cadre bâti.
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1 | cf. Développement durable, gestion de l’énergie, évolutions et conséquences sur l’offre de formation, CPC Etudes - 2010 n°1, édition du MEN, envoyé à l’ensemble des directeurs de CFA-BTP, par cédérom, le 29 avril 2010.
